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L'objectif de l'Association franco-chinoise de développement commercial partagé est d'améliorer la compréhension réciproque entre Chinois et Français
et de favoriser la création de liens commerciaux durables entre les deux peuples.

Automobile
Le Cas Renault / Présentation générale du secteur / Voitures de tourisme / Véhicules utilitaires / Véhicules électriques / Bio-carburants / Equipementiers / Services
 

Les revers des constructeurs automobiles français en Chine – le cas de Renault
par Thibault Ruinet, Natixis Hong-Kong.
 
« Nous voyons la Chine comme le plus grand marché automobile mondial, mais aussi comme le lieu où se définissent les tendances du secteur », avait déclaré le PDG de Renault, Carlos Ghosn, lors d'une conférence de presse organisée à Shenyang à l’occasion de la signature de la joint-venture (JV) entre Renault et le constructeur chinois Jinbei. En avril 2020, face à l’effondrement des ventes aggravé par la crise du Covid-19, le groupe annonce l’arrêt de la production locale des modèles thermiques Koleos, Kadjar et Captur et suspend de facto le partenariat industriel sur ce segment avec le partenaire Dongfeng.
 
Portée par une croissance forte et régulière et un accroissement généralisé de la richesse des ménages, la Chine est pourtant devenue en 2009 le premier marché automobile du monde, devançant les Etats-Unis, avec plus de 10 millions d’unités vendues. Les constructeurs étrangers ont pleinement profité de cette croissance continue des ventes, notamment sur le segment premium, et ce malgré les le strict encadrement réglementaire en matière de production. L’implantation en joint-venture a été décidée par le président Deng Xiaoping dès sa prise de fonction en 1979 pour développer l’industrie automobile chinoise alors inexistante et permettre sa montée en gamme, en s’appuyant sur l’expertise technologique des constructeurs étrangers.
 
Renault est l’un des derniers constructeurs automobiles étrangers à s’être implanté sur le marché via plusieurs JV locales. En 2013 est montée la première JV dédiée aux véhicules particuliers avec le groupe étatique Dongfeng, puis en 2018 le groupe s’allie avec Jinbei pour la production et la commercialisation des véhicules utilitaires.
 
Les ambitions ont été revues à la baisse faute d’avoir su anticiper l’évolution rapide des tendances du marché. Contrairement aux Européens et Américains, les acheteurs chinois privilégient le confort de conduite à la puissance du véhicule et attachent une grande importance à la connectivité à bord. Les modèles thermiques commercialisées par la marque se sont retrouvés pris en tenaille entre les marques locales abordables et offrant un niveau d’équipement similaire et les constructeurs premiums (notamment allemands et américains).
 
En plus d’un déficit d’image dans le pays, l’une des raisons principales de l’échec du projet de Renault tient également à la conduite des opérations industrielles au sein du partenariat. La montée en cadence de la production s’est trouvée considérablement ralentie par des règles d’approvisionnement local des pièces, fixées contractuellement entre le groupe et son partenaire chinois. Du fait d’un volume de production trop faible, le seuil de rentabilité n’a pas été atteint et a considérablement pesé sur le développement à plus long terme des capacités locales et du réseau de fournisseurs.
 
L’avenir pour le constructeur français réside vraisemblablement dans l’électrique et le véhicule utilitaire, deux segments qui sont amenés à fortement se développer en Chine et pour lesquels le groupe a une expertise reconnue. Renault mise sur le modèle K-ZE, produit localement, qui a par ailleurs vocation à devenir le véhicule de référence sur le segment de l’électrique abordable dans le monde. En ce qui concerne l’utilitaire, la marque est déjà bien établie avec le constructeur Jinbei, captant près de 5% du marché (160 000 véhicules vendus en 2019). Le groupe peut compter sur l’appui du gouvernement chinois en matière de politique industrielle, notamment dans le véhicule électrique, par le biais de subventions mais aussi par l’association d’universités et d’entreprises dans la définition des véhicules de demain.



 
Présentation générale du secteur

Etat du marché à mi-2019

 
          Le marché chinois a reculé de 12,4% au premier semestre 2019. Le marché automobile chinois avait déjà reculé de 3% en 2018, son premier recul en vingt ans. Les différents constructeurs sont en train de réduire leurs investissements, voire de se désengager (Suzuki), preuve que la conjoncture est défavorable. En janvier les ventes ont chuté pour le 7e mois d'affilée (-15,8%).

 

Etat du marché à fin 2017
 
         Après une année 2016 exceptionnelle, au cours de laquelle le marché automobile avait crû de 14%, celui-ci s’est consolidé en 2017, n’enregistrant plus qu’une croissance inférieure à 2% (voir graphique pour l'historique des taux de croissance du marché). Selon les chiffres provisoires, le nombre d’unité vendues s’établirait à 24, 8 millions pour les véhicules de tourisme et 4,2 millions pour les utilitaires. Malgré le faible taux d’équipement global, il semble que le développement massif des infrastructures de transport collectif, doublée de l’engorgement de la Chine de l’est, ont conduit les consommateurs à trouver des alternatives à la voiture. D'autre part, le secteur doit fait face à un défi en matière de R&D, lié au durcissement des normes de pollution et de sécurité.
 
          Au printemps 2017, la Commission nationale pour la réforme et le développement (NDRC), le ministère de l'Industrie et celui des Sciences et des Technologies ont présenté un « plan de développement de moyen-long terme pour l'industrie automobile » à horizon 2025, qui vise 35 millions de véhicules vendus dont 20% propres. Pour atteindre cet objectif, le plan prévoyait un assouplissement des règles pesant sur les co-entreprises. Celles-ci étaient alors incontournables car l’importation de voitures de tourisme était assortie d’une taxe de 25% et, au sein de la co-entreprise, le partenaire chinois ne pouvait posséder moins de 50%. Les modifications réglementaires sont désormais en cours d’application (voir ci-dessous), et certaines entreprises comme Tesla ont décidé d’implanter une filiale à 100% en Chine (mai 2018).

          Malgré les taxes, la Chine a importé environ 2 millions de véhicules en 2017, soit 8% des ventes totales. Le premier exportateur étant les Etats-Unis, avec 26% des automobiles (toutes marques, y compris non-américaines).

          Concernant l'année 2018, les prévisionnistes tablent sur une croissance de 3% des nouvelles immatriculations, dont une hausse de 40% sur le marché des véhicules électriques.



Règlementation

Cadre juridique. Toute multinationale désirant produire des automobiles en Chine doit créer avec un partenaire local une coentreprise dont elle ne peut posséder plus de 50%. Ce plafond devrait être supprimé dès cette année pour la production de véhicules hybrides et électriques et d'ici 2022 pour la production de voitures à essence individuelles. 

Cadre fiscal. Au 1er juillet 2018, les droits de douane applicables aux automobiles produites à l'étranger sont passés de 25% à 15%.



Actualités

 
  • Août 2019. La co-entreprise PSA - Dongfeng - Changan va céder une usine et en fermer une autre, afin de réduire la surcapacité de production (1,2 millions de véhicules annuels possibles contre 250 000 engins produits). Seule la moitié des 8000 salariés présents en Chine seront conservés. PSA est en fort recul en Chine -62,1% de ventes et connaît des difficultés avec son partenaire Dongfeng, par ailleurs actionnaire du groupe.
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  • Printemps 2018. Banque PSA Finance et Dongfeng créent une co-entreprise afin de proposer des solutions de financement, face aux restrictions de crédits décidées par le gouvernement chinois.


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    Voitures de tourisme

    Etat du marché à mars 2019
     
              D’après La Tribune, une modification structurelle est en train de s’opérer sur le marché : les groupes internationaux ont vu leur part de marché fléchir fortement face aux constructeurs locaux (respectivement 55% / 45% en 2016). PSA a connu l’une des plus fortes baisses des ventes en 2016 avec 38% de baisse pour Peugeot et 64% pour Citroën. La situation s'est encore accentuée en 2017 et 2018 : et les ventes ont été divisée par 3 en 4 ans, de 734 000 unités vendues à 262 000 en 2018.
              La raison de ce recul des marques étrangères est à chercher dans plusieurs erreurs stratégiques. D’abord, les marques internationales ont fonctionné sur le modèle de la concession, qui est désormais obsolète En effet, le client chinois a 35 ans en moyenne et, parce qu’il est très connecté, il a déjà pris sa décision avant de se rendre en concession.
              D’autre part, la Chine connaît un engouement pour les SUV (44% du marché à début 2017), que les grandes marques n’ont pas anticipées. Elles n’ont pas vu la spécificité du consommateur chinois, aux goût divergents par rapports aux marchés occidentaux. Parallèlement, les petits modèles sont passés de 35% des ventes en 2002 à 6,7% en 2017.
              Mais surtout, les entreprises étrangères n’ont pas le même maillage sur le terrain que les marques chinoises. En effet la Chine côtière est saturée de voitures (les pouvoirs locaux appliquent désormais des restrictions d’achats) et le principal gisement de croissance se situe dans les villes de l’intérieur (malgré un pouvoir d’achat globalement plus faible).
              Enfin, les marques chinoises (notamment SAIC, Dongfeng, Geely, BYD) ont réussi une rapide montée en gamme grâce aux transferts de technologies issus des co-entreprises ; et les prix sont inférieurs de 30 à 40%.

                La Chine importe environ 40 millions de tonnes de pétrole brut par mois, en augmentation au cours de l'année 2018. Les véhicules à moteur thermiques sont les principaux consommateurs.


    Actualités

     
  • Avril 2020. Renault, qui occupait moins de 1% du marché chinois, décide d’abandonner le secteur des véhicules de tourisme en Chine. Il va se désengager de sa co-entreprise avec Dongfeng, quatre ans après l’inauguration de l’usine ultra-moderne de Wuhan. L’entreprise va se concentrer, pour la Chine, sur l’électrique et les véhicules utilitaires. (Source : Frédéric Schaeffer pour Les Echos du 15 avril 2020)
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  • Mars 2019. Geely (propriétaire de Volvo) va racheter 50% des parts de Smart (une usine en France, Moselle) à l'allemand Daimler, malgré des oppositions fortes en Allemagne.
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  • Septembre 2018. Suzuki annonce son retrait du marché chinois et va céder ses parts dans sa coentreprise locale à son partenaire Chongqing Changan Automobile. Il était principalement présent sur les petits modèles, qui sont en perte de vitesse face aux SUV.
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  • Novembre 2017. PSA a ouvert un partenariat avec Huawei pour développer une plateforme logicielle destinée à sécuriser les données des voitures connectées. Il s'agit également de proposer dès 2018 en Europe et en Chine des applications comme le diagnostic du véhicule à distance, l'envoi de mises à jour ou l'activation de diverses fonctions connectées.


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    Véhicules utilitaires

    Etat du marché à fin 2017

              Le marché des utilitaires est en hausse depuis deux ans : il effectue un bond de 14% en 2017, avec 4,2 millions d'unités écoulées et les perspectives pour 2018 sont encourageantes.



    Actualités

     
  • Décembre 2017. Renault et Brilliance lancent une co-entreprise à 49%/51% sous le nom de Renault-Brilliance-Jinbei Automotive Company. Elle sera dirigée par Thierry Aubry et produira dans une usine à Shenyang des utilitaires sous marque Jinbei (propriété de Brilliance), Huasong et Renault. L'objectif à horizon 2022 est de vendre 150 000 unités par an, contre 63 000 en 2016, mais aussi, pour Renault de développer dès 2020 les ventes de ses propres véhicules (Trafic et Master) dans le pays.

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    Véhicules électriques

    Evolutions réglementaires en 2019

               Le montant global des subventions accordées par le gouvernement chinois pour les ventes de voitures électriques est en baisse.



    Etat du marché à fin 2017

              Les véhicules électriques ont connu une année record en 2017, avec 600 000 voitures vendues, en croissance de 71% par rapport à 2016. Les voitures électriques représentent désormais 2,1% du marché automobile chinois, et on note une nette accélération sur le mois de décembre, avec plus de 100 000 unités écoulées en un mois. Cette accélération devrait se poursuivre en 2018, avec une hausse de 40% attendue. La voiture la plus populaire est la BAIC EC Series du constructeur Beijing Automotive (BAIC) ; celui-ci souhaite pouvoir arrêter à court terme la production de voitures à essence.

              Le marché de l’électrique reste très fermé, avec 96% des ventes effectuées par des marques chinoises. Mais les constructeurs étrangers vont être forcés, dès 2019, d’introduire 10% de voitures électriques sur le marché, puis 12% en 2020. Si Renault-Nissan pourrait atteindre cet objectif grâce à sa co-entreprise avec Dongfeng, la situation semble plus difficile pour PSA qui est en retard sur ce segment (Information L’Usine Nouvelle). Rappelons que l’objectif du plan gouvernemental pour l’automobile est que les voitures électriques représentent 20% des ventes en 2025.



    Actualités

     
  • Mars 2020. Le groupe suisse ABB (Zürich) renforce encore sa présence en Chine par une prise de participation majoritaire (67%) dans le groupe Chargedot Shanghai New Energy Technology (Chargedot), fabricant de bornes de rechargement électrique et concepteur de plateformes logicielles pour la gestion du rechargement, à destination de constructeurs de véhicules électriques, d'opérateurs de réseaux de recharges et de promoteurs immobiliers. ABB aura l'occasion d'approfondir ses relations avec les constructeurs chinois de véhicules électriques (SAIC est l'autre actionnaire de référence de Chargedot) et d'élargir son portefeuille de mobilité électrique, en prenant en compte les normes logicielles chinoises (Source : cfnews.net).
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  • Août 2018. Le Ministère des finances annonce la fin de la taxe automobile payé par les propriétaires d'automobile, pour les véhicules à énergie renouvelable.
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  • Février 2017. Nissan annonce un investissement de 7,6 milliards d'euros sur 5 ans en Chine. Il vise 2,6 millions d'unités vendues annuellement en 2022 contre 1,5 en 2017 et cible principalement l'électrique via sa co-entreprise avec Dongfeng (Dongfeng Motor Co.).
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  • Décembre 2017. BYD installe une usine d'assemblage de voitures électriques près de Tanger et trois autres sont prévues pour des batteries électriques, des bus et des camions électriques. Les véhicules produits seront destinés aux marchés européen et africain.


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    Bio-carburants

    Etat du marché à avril 2018

                 Pour promouvoir l’utilisation du biocarburant, la Commission de développement national et de la réforme, en partenariat avec l’Administration nationale de l’énergie, a dévoilé en 2017 un plan pour promouvoir l’utilisation de l’éthanol dans la composition de l’essence d’ici 2020. Le plan prévoit la mise en place d’une unité de production de 50 000 tonnes d'éthanol de cellulose annuels pour 2020, puis, à horizon 2025, d'une production à grande échelle, afin de généraliser les carburants E10, contenant 10% de cet éthanol constitué de produits de récupération. Le gouvernement mène parallèlement et depuis 2004 des expérimentations sur l’éthanol fabriqué à partir de maïs, et l’essence E10 constitué à partir de cet éthanol de maïs est commercialisée dans la province du Shandong. Pour le gouvernement il s’agit là d’une question d’indépendance énergétique, puisque la Chine doit importer presque l’intégralité de son pétrole, mais aussi de lutte contre la pollution, cette source d’énergie étant a priori moins polluante que les sources d’énergie traditionnelles et principalement le charbon. Le centre de la production devrait être installé dans le nord-est du pays, principale région productrice de maïs.
     
                Le projet actuel le plus intéressant est l’expérimentation menée par la municipalité de Shanghaï depuis 2016, en partenariat avec Sinopec. En 2016, Sinopec a commencé à commercialiser le carburant B5, contenant entre 5 et 7% d’éthanol constitué à partir du recyclage des huiles de cuisson de la ville. Désormais 21 stations-services sont équipées et ont commercialisé 10 millions de litres de B5. 2000 camions roulent chaque jour avec ce carburant (notamment ceux du centre de logistique d’Ikéa qui sont partenaires de l’opération), ainsi qu’une centaine de bus. La municipalité souhaite désormais généraliser ce carburant en systématisant la récupération des huiles de cuisson et en ouvrant au total 200 stations-services d’ici la fin de l’année.
     
                 Malgré le succès de cette initiative ponctuelle, la généralisation des biocarburants pourrait se faire lentement. Le principal problème consistant à collecter de manière systématiques les matières usagées nécessaires à la fabrication de l’éthanol. Certains analystes restent d’ailleurs mitigés quant à leur impact effectif sur les émissions de gaz carbonique, par rapport à l'essence traditionnelle.



     
    Deux roues motorisés

    Etat du marché à juin 2019

               Les prévisions 2019 donnent une hausse de 6% par an des ventes de motos légères d'ici 2022.


     
    Equipementiers automobiles

    Etat du marché à mars 2019

     
                  Deux équipementiers français sont présents sur le marché chinois : Faurecia et Plastic Omnium. Jean-Pierre Raffarin est administrateur de la holding Plastic Omnium en Chine.

     

    Actualités
     
  • Novembre 2018. Le groupe PSA a pris une participation dans UAP Union Auto, autre distributeur chinois de pièces détachées.
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  • Février 2018. Le groupe PSA a pris le contrôle de JianXin, distributeur de pièces détachées automobiles.

  • Novembre 2017. L'équipementier français Faurecia prend le contrôle de Jiangxi Coagent Electronics, société spécialisée en infotainment et solutions électroniques pour l'intérieur des véhicules (intégration d'interfaces digitales ou de technologie HMI - Human Machine Interface). L'entreprise devient Faurecia Coagent Electronics.
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    Services

    Actualités

     
  • Mars 2019. Les constructeurs Changan, FAW et Dongfeng s'allient avec Tencent, Alibaba et Suning vont investir 9,7 milliards de yuans (1,3 milliards d'euros) dans la création d'une plateforme de services de mobilité.
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  • Octobre 2018. Daimler et Geely (actionnaire à 9,69% de Daimler) créent une coentreprise pour des services de VTC haut-de-gamme.


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    Pour des compléments d'information sur ce secteur d'activité, nous contacter : afcdcp@gmail.com
     
     



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